Le 17 juin 1806, on présente l'expertise à l'empereur204. Le 1er
août, l'envoyé français La Rochefoucauld entre dans la chancellerie
autrichienne. Ce n'est qu'après que La Rochefoucauld a formellement
attesté à von Stadion après de vives confrontations que Napoléon ne
coifferait pas la couronne impériale et respecterait l'indépendance
autrichienne que le ministre autrichien des affaires étrangères approuve
l'abdication qui est promulguée le 6 août.
Dans son acte
d'abdication, l'empereur indique qu'il n'est plus en mesure de remplir
ses devoirs de chef de l'Empire et déclare : « Nous déclarons donc, par
les présentes, que Nous considérons comme dissous les liens qui, jusqu'à
présent, Nous ont attaché au corps de l'Empire germanique, que Nous
regardons comme éteinte par la formation de la Confédération du Rhin la
charge et la dignité de Chef de l'Empire ; et que Nous Nous considérons
par là comme libéré de tous Nos devoirs envers cet Empire205. »
François
II ne se contente pas seulement de déposer sa couronne, il dissout
entièrement le Saint-Empire sans l'approbation de la Diète d'Empire en
proclamant : « Nous délions en même temps les électeurs, princes et
États, et tous les membres de l'Empire, nommément aussi les membres des
tribunaux suprêmes et autres officiers de l'Empire, de tous les devoirs
par lesquels ils étaient liés à Nous, comme Chef légal de l'Empire, par
la constitution205 ». Il dissout également les territoires de l'Empire
relevant de son propre pouvoir et les soumet à l'empire autrichien. Même
si la dissolution de l'Empire ne suit aucun caractère juridique, il n'y
a aucune volonté ni aucun pouvoir pour le préserver.
La chute du
Saint-Empire est apparue comme inévitable dès lors que Napoléon s'est
employé à en redéfinir la carte géopolitique. Les réactions à cette
disparition sont diverses, oscillant entre indifférence et étonnement
comme le montre l'un des témoignages les plus connus, celui de la mère
de Goethe, Catharina Elisabeth Textor, qui écrit le 19 août 1806, moins
de quinze jours après l'abdication de François II : « Je suis d'ailleurs
dans le même état d'esprit que lorsqu'un vieil ami est très malade. Les
médecins le déclarent condamné, on est assuré qu'il va bientôt mourir
et on est assurément bouleversé lorsque le courrier arrive nous
annonçant qu'il est mort206 ». L'indifférence face à la disparition207
montre comme le Saint-Empire s'était sclérosé et comme ses institutions
ne fonctionnaient plus. Le lendemain de l'abdication, Goethe écrit dans
son journal qu'une dispute entre un cocher et son valet suscite plus de
passion que la disparition de l'Empire208. D'autres comme à Hambourg
fêtent la fin de l'Empire209.
Congrès de Vienne et Confédération germanique[modifier | modifier le code]
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